The yoga sutras of patañjali, Book II, Sadhana pada; Practice, Sutra 21, The yoga series, after John, 2012
Isabelle LE MINH
The yoga sutras of patañjali, Book II, Sadhana pada; Practice, Sutra 21, The yoga series, after John, 2012
Impression jet d'encre pigmentaire sur toile
175 x 140 cm
Pièce unique
The yoga sutras of patañjali, Book I, Samadhi pada, Sutra 9, The yoga series, after John Baldessari , 2012
Isabelle LE MINH
The yoga sutras of patañjali, Book I, Samadhi pada, Sutra 9, The yoga series, after John Baldessari , 2012
Impression jet d'encre pigmentaire sur toile
Image : 175 x 140 cm
Pièce unique
Darkroomscapes, after Hiroshi Sugimoto | Ansco 130, 2012
Isabelle LE MINH
Darkroomscapes, after Hiroshi Sugimoto | Ansco 130, 2012
Tirage au gélatino-bromure d'argent sur papier baryté
Image : 152 x 182 cm
Edition de 5 ex
Signé et numéroté
Re-play (after Christian Marclay), 2009
Isabelle LE MINH
Re-play (after Christian Marclay), 2009
Installation : photographies, épingles
Dimensions variables
Pièce unique

Reality killed the cat

02.07.2012 - 23.09.2012

Hors les murs

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Une légende raconte qu’un jour, le sage Zhuangzi – l’un des fondateurs du taoïsme – s’endormit dans un jardin et fit un rêve. Il rêva qu’il était un très beau papillon. Après avoir volé de-ci de-là, le papillon s’endormit à son tour et fit aussi un rêve. Il rêva qu’il était Zhuangzi. À son réveil, le sage ne sut plus très bien qui il était : le véritable Zhuangzi ou le Zhuangzi du rêve du papillon ?

Une légende raconte qu’un jour, le sage Zhuangzi – l’un des fondateurs du taoïsme – s’endormit dans un jardin et fit un rêve. Il rêva qu’il était un très beau papillon. Après avoir volé de-ci de-là, le papillon s’endormit à son tour et fit aussi un rêve. Il rêva qu’il était Zhuangzi. À son réveil, le sage ne sut plus très bien qui il était : le véritable Zhuangzi ou le Zhuangzi du rêve du papillon ?
Si le titre de l’exposition est une référence explicite à l’expérience du chat de
Schrödinger, elle aurait pu s’appeler aussi « le rêve du papillon » car c’est d’une mise en perspective de la réalité – réalité de l’image ou nature même de la réalité – dont il y est le plus souvent question. Ici, la photographie n’est plus appréhendée comme un simple médium, un moyen de représenter le monde mais c’est la photographie, ses objets, ainsi que les fondements théoriques de l’image, qui sont pris en considération, élargissant à l’ère du numérique la voie ouverte dans les années 1970 par John Hilliard ou Ugo Mulas avec sa série Vérifications.
Au travers de nombreuses allusions à des oeuvres d’artistes (Marclay, Baldessari,
Sugimoto...), de références à la physique des particules, aux philosophies extrêmeorientales ou encore à l’allégorie de la caverne de Platon, Isabelle Le Minh convie le visiteur à une approche décalée et autoréflexive du médium. Opérant le plus souvent par associations d’idées, elle élabore des oeuvres polysémiques, parfois teintées d’humour, qui se font écho d’un espace à l’autre et sont marquées par la prégnance des mots.
Conçue comme un parcours qui relève plutôt de la flânerie intellectuelle que d’une
analyse structurée, l’exposition questionne en filigrane les limites de la photographie, de l’ontologie de l’image à ses mythes fondateurs et ses principes sémiotiques et la considère pour ce qu’elle est aussi : une pratique culturelle inscrite dans une réalité économique, un outil technique qui produit des objets en deux dimensions, une trace laissée sur un support par un flux de photons... Ou peut-être rien d’autre que juste une illusion.
Bernd Soares