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17.05.2018 - 16.06.2018

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Rachel de Joode (née en 1979, Pays-Bas) vit et travaille à Berlin, diplômée de la Gerrit Rietveld Academie d’Amsterdam. Elle a reçu du fonds Mondriaan le International Presentations Grant en 2016 et le Mondriaan fonds Project Grant en 2017.
On peut citer parmi ses exposition personnelles et collectives Photoforum Pasquart, Biel/Bienne (CH); Kunstfort Vijfhuizen (NL); ICA, Philadelphie (USA); Henie Onstad Kunstsenter, Oslo (NO); ZKM, Karlsruhe (DE); le Musée d’Art Contemporain de Rome (IL); Gerðarsafn Kópavogur Art Museum, Kópavogur (ISL); Garage Rotterdam (NL); Kunstverein Nürnberg (DE); Neumeister Bar-Am, Berlin (DE); Galerie Christophe Gaillard, Paris (FR); Interstate Projects, New York (USA); Higher Pictures, New York (USA).

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Craig Schwartz: [en tant que Maxine Puppet] Dis-moi Craig, pourquoi aimes-tu les marionnettes ?

Craig Schwartz: [en tant que Craig Puppet] Et bien Maxine, je ne suis pas sûr. C’est peut être l’idée de devenir quelqu’un d’autre pour un instant. Être dans une autre peau — penser différemment, bouger différemment, ressentir différemment.

Craig Schwartz: [en tant que Maxine Puppet] Intéressant, Craig…

Extrait de Dans la peau de John Malkovich (1999), Réalisé par Spike Jonze, écrit par Charlie Kaufman



L’œuvre de Rachel de Joode évolue autour de la tension entre la surface plane de l’écran pixellisé et la surface tangible du corps poreux. Tandis que nombre de ses photographies prennent l’apparence de peau humaine ou de matière organique, en y regardant de plus près, notre œil finit par reconnaitre dans ces images des effets de matières réalisés à l’aide de matériaux d’art plastique élémentaires tels que l’argile ou les pigments, qui portent la trace de la main de l’artiste. Il existe dans l’œuvre de Rachel de Joode une oscillation entre la surface bi-dimensionnelle et sa corporalité tri-dimensionnelle. Les images — viscérales, physiques — s’appréhendent en ronde-bosse. Elles appartiennent à l’espace haptique dans lequel on fait l’expérience du toucher par le regard.

Cette confusion sensorielle s’applique également à l’approche de l’artiste à son médium. En effet, Rachel de Joode utilise la photographie comme outil de médiation pour exprimer son expérience physique de la matière. C’est également une manière pour elle de façonner ces matériaux selon son désir. Ainsi, ses image-objets ont un pouvoir ; elles deviennent des sujets. Elles se comportent comme d’autres mediums, brouillant ainsi les frontières de leur cadres. Jouant les sculptures, les tableaux, ou encore les tentures, elles sont pliées, superposées, imbriquées et pénétrées au mépris des attentes habituelles d’un lieu d’exposition. Cette performance de l’objet d’art s’étend au contexte de l’exposition elle-même et au rôle de Rachel de Joode en tant qu’artiste-protagoniste.

Au centre de l’exposition se tient un décor de galerie. Au sein de cette galerie dans la galerie se joue une pièce de théâtre dans laquelle des performers, habillés du costume de l’artiste — jeans, t-shirt blanc, perruque blonde et lunettes — présentent les objets exposées. Des bras sortent de trous découpés dans les parois du décor pour tenir les toiles photographiques et les petites figurines en céramique représentant l’artiste nue. En première ligne de cette distribution d’objets, les acteurs humains endossant le rôle d’artiste deviennent le système de fixation des œuvres, leur mains servant de crochets ou de socles dans un jeu qui est à la fois plein d’humour et mélancolique à en pleurer. En parallèle, les propres mains de Rachel de Joode pénètrent littéralement à travers les œuvres à la fois par leur représentation et par la trace qu’elles y laissent — car il s’agit, après tout, de choses fabriquées.

Alex Klein

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Alex Klein est la curatrice Dorothy and Stephen R. Weber (CHE’60) à l’Institute of Contemporary Art, University of Pennsylvania. On peut citer parmi ses expositions récentes à l’ICA Suki Seokyeong Kang: Black Mat Oriole (2018) co-commissariat Kate Kraczon; Broadcasting: EAI at ICA (2018) co-organisé avec Electronic Arts Intermix (EAI); la première exposition rétrospective de Nathalie Du Pasquier BIG OBJECTS NOT ALWAYS SILENT (2017) co-organisée avec la Kunsthalle Vienna; Myths of the Marble (2017) co-organisée avec le Henie Onstad Kunstsenter, Norway; Barbara Kasten: Stages (2015), la première grande rétrospective de l’artiste, et Julia Feyrer and Tamara Henderson: Consider the Belvedere (2015).
De 2013 à 2015 elle a été agent pour le Carnegie Museum of Art’s Hillman Photography Initiative où elle a effectué le co-commissariat de l’exposition Antoine Catala: Distant Feel (2015, avec Tina Kukielski) et co-edité la publication Shannon Ebner: Auto Body Collision (CMOA, 2015). Elle a donné un grand nombre de conférences et ses écrits sont largement publiés, on peut citer Public Servants: Art and the Crisis of the Common Good (MIT Press, 2016), The Human Snapshot (Sternberg Press/ CCS Bard, 2013), How Soon Is Now?  (LUMA, 2012), et le volume critique sur la photographie Words Without Pictures (LACMA/Aperture, 2010), qu’elle a également édité. Avant de joindre l’ICA en 2011 elle a occupé des postes au Wallis Annenberg Photography Department au Los Angeles County Museum of Art, the Roski School of Fine Arts à l’University of Southern California, et The Metropolitan Museum of Art, New York. En plus de son travail curatorial, elle est également artiste et co-fondatrice, avec le designer Mark Owens, d’Oslo Editions.