La Galerie Christophe Gaillard est particulièrement heureuse et fière de présenter sa cinquième exposition personnelle consacrée à l’artiste Ceija Stojka, et ce à l’aube d’une formidable année pour l’artiste Rom puisque celle-ci sera consacrée par pas moins de trois rétrospectives muséales (au Drawing Center de New York sous le commissariat de Lynne Cooke, au Musée des  Beaux Arts de Besançon et au Frac Normandie Rouen). Parallèlement à ces expositions, deux ouvrages paraîtront en 2026. 
 
À l'occasion de cette nouvelle exposition, la galerie dévoilera un ensemble inédit d’œuvres dont une peinture de format exceptionnel (le plus grand jamais réalisé par l'artiste, par trois fois seulement, dont un vient d’intégrer les collections du Musée du Belvédère à Vienne). La galerie présentera aussi quelques unes des dernières scènes en couleur jamais montrées à ce jour et qui témoignent de l’expérience concentrationnaire de Ceija et plus largement du génocide Rom (Samudaripen).

Cette exposition sera enfin l’occasion de présenter le nouvel opus de notre Collection "Mémoires Vives" Ceija Stojka : Le jour lui n'a qu'un jour * (dont notre exposition reprend le titre), fruit de la bourse de recherche de la Résidence Le Tremblay et de sa récente lauréate Elora Weill-Engerer.
 

Née en 1933 à Kraubath, en Styrie (Autriche), dans une famille de marchands de chevaux rom-lovara, Ceija Stojka est la cinquième d’une fratrie de six enfants. Déportée à l’âge de dix ans avec sa mère et d’autres membres de sa famille, elle survit à trois camps de concentration, Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen. 

 

Quarante-cinq ans plus tard, en 1988, Ceija Stojka entame un travail de mémoire exceptionnel. Bien que sans formation scolaire formelle, elle publie quatre livres entre 1988 et 2005, et devient la première femme rom en Autriche à témoigner publiquement de la déportation des Roms et Sinti. Par son engagement artistique et littéraire, Stojka s’impose comme une figure politique et culturelle majeure pour les Roms. Son écriture, poétique et personnelle, s’oppose au silence, au déni et au racisme anti-tsigane encore très présent en Europe. À partir des années 1990, elle se tourne vers la peinture et le dessin, produisant plus de mille œuvres en deux décennies, sur papier, carton ou toile, avec des techniques variées (gouache, encre, acrylique), jusqu’à peu de temps avant sa disparition en 2013. Son œuvre a notamment été exposée en Autriche, en Allemagne, en France, en Espagne et aux États-Unis. Elle bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance internationale.

 

* « Le jour lui n'a qu'un jour. Sept textes sur Ceija Stojka » d'Elora Weill-Engerer, aux éditions Sombres torrents