Germaine Richier
L’homme-Forêt, grand, 1945-1946
Bronze patiné
Patinated bronze
Patinated bronze
94 x 45 x 45 cm
37 x 17 3/4 x 17 3/4 inches
37 x 17 3/4 x 17 3/4 inches
Edition 5/8 de 12 épreuves. Edition 5/8 out of 12 (1/8 à 8/8 et EA, HC1, HC2, HC3)
GR014
© Germaine Richier, Adagp, Paris
Lors de son séjour forcé en Suisse, Germaine Richier se promenait dans le Valais. Les bois et la feuille provenant de la main de l’Homme de la forêt furent recueillis...
Lors de son séjour forcé en Suisse, Germaine Richier se promenait dans le Valais.
Les bois et la feuille provenant de la main de l’Homme de la forêt furent recueillis à cette occasion. L’Homme de la forêt fut probablement la première œuvre de la sculptrice à intégrer ces éléments prélevés dans la nature. Le résultat fut si fécond que Richier créa progressivement une véritable grammaire des lieux qu’elle avait aimés, demandant par exemple à son frère de lui envoyer une branche d’olivier de sa région natale.
Mais Richier n’a rien à voir avec le « ready-made » : ses ajouts sont retravaillés avec la terre, redécouverts, remodelés jusqu’à s’intégrer parfaitement à l’ensemble. Parfaitement ? C’était l’avis de René de Solier : « La main palmée de l’Homme de la forêt, cette main amphibie, est comme une greffe inversée : preuve de l’évolution inattendue de toute forme, dès lors que la sculpture s’empare de l’espace. »
De son côté, André Pieyre de Mandiargues trouvait littéralement une faune dans sa flore : « A-t-on suffisamment remarqué le caractère sylvestre de son œuvre ? L’Homme de la forêt, vous vous en souvenez, bras ligneux prolongé, complice des oiseaux, hésitant entre l’humain et le végétal ? Debout au milieu d’un carrefour de haute forêt sous des taches de lumière filtrées par le soleil, de petits disques solaires, on ne trouverait aucun monument qui relie mieux le passé au présent que ce simulacre tout nouveau de Priape. »
(Hans catalogue Germaine Richier – Rétrospective, 5 avril–25 juin 1996, Fondation Maeght, Saint-Paul)
L’Homme de la forêt est l’une des œuvres les plus célèbres et caractéristiques de Germaine Richier. De véritables morceaux de bois et d’écorce, ainsi qu’une grande feuille trouvée par l’artiste dans le Valais en Suisse, ont été collés sur l’argile avant la fonte.
Contrairement à Daphné, la nymphe de la mythologie grecque entièrement métamorphosée en laurier, L’Homme de la forêt est à la fois arbre et humain. Une éventuelle métamorphose, dans un sens ou dans l’autre, ne nous est pas révélée. La magie qui émane de cette étrange créature sylvestre, exprimant l’affinité de l’artiste avec les forces non romantiques de la nature, réside dans sa posture presque chorégraphique : pas suspendu, bras arrêtés.
Richier décrivait le mouvement de ses figures, notamment dans L’Homme de la forêt et d’autres œuvres de la même période, ainsi : « Je préfère le suggérer. Ma sculpture doit donner l’impression d’être immobile et en même temps sur le point de bouger. » (cf. site de la Peggy Guggenheim Collection)
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During her forced stay in Switzerland, Germaine Richier walked in Valais.
The woods and the leaf from the hand of the Forest-Man were collected on this occasion. The Forest-Man was probably the first work of the sculptor to benefit from these elements collected in nature. The result was so fruitful that Richier gradually created a grammar of the places she had loved, asking, for example, her brother to send her an olive branch from her native region.
But Richier has nothing to do with "ready-made": her additions are reworked with earth, discovered, remodeled until they integrate perfectly into the whole. Perfectly ? This was the opinion of René de Solier: "The webbed hand of the Forest-Man, this amphibious hand, is like a graft from the reverse: proof of the unexpected evolution of any form, as soon as sculpture takes possession of the space.
"For his part, André Pieyre de Mandiargues literally found fauna in his flora: "Have we sufficiently noticed the sylvan character of her work? The Forest-Man, you remember, extended by a woody arm, accomplice of birds, hesitating between humans and plants? Standing in the middle of a crossroads of high forest under patches of light filtered by the sun, small solar disks, no monument would be found which joins the past to the present better than this brand new simulacrum of Priapus.in Catalogue Germaine Richier - Rétrospective, 5 Avril-25 Juin 1996, Fondation Maeght - Saint-Paul
Forest Man is one of Germaine Richier’s most celebrated and characteristic works. Real pieces of wood and bark, as well as a large leaf found by the artist in the Valais, Switzerland, were collaged onto the clay before casting. Unlike Daphne, the nymph from Classical Greek mythology who was entirely transformed into a laurel tree, Forest Man is half-tree half-human. Whether a metamorphosis will take place, in one direction or another, is not revealed to us. The magic that emanates from this strange sylvan creature, so expressive of the artist’s affinity with the unromantic forces of nature, is its balletic pose—the halting step and the suspended arms. Richier described movement in her figures, with regard to Forest Man and other works of the period, as follows: “I would rather suggest it. My sculpture should give the impression of being still and at the same time about to move”
(cf.Peggy Guggenheim website)
Les bois et la feuille provenant de la main de l’Homme de la forêt furent recueillis à cette occasion. L’Homme de la forêt fut probablement la première œuvre de la sculptrice à intégrer ces éléments prélevés dans la nature. Le résultat fut si fécond que Richier créa progressivement une véritable grammaire des lieux qu’elle avait aimés, demandant par exemple à son frère de lui envoyer une branche d’olivier de sa région natale.
Mais Richier n’a rien à voir avec le « ready-made » : ses ajouts sont retravaillés avec la terre, redécouverts, remodelés jusqu’à s’intégrer parfaitement à l’ensemble. Parfaitement ? C’était l’avis de René de Solier : « La main palmée de l’Homme de la forêt, cette main amphibie, est comme une greffe inversée : preuve de l’évolution inattendue de toute forme, dès lors que la sculpture s’empare de l’espace. »
De son côté, André Pieyre de Mandiargues trouvait littéralement une faune dans sa flore : « A-t-on suffisamment remarqué le caractère sylvestre de son œuvre ? L’Homme de la forêt, vous vous en souvenez, bras ligneux prolongé, complice des oiseaux, hésitant entre l’humain et le végétal ? Debout au milieu d’un carrefour de haute forêt sous des taches de lumière filtrées par le soleil, de petits disques solaires, on ne trouverait aucun monument qui relie mieux le passé au présent que ce simulacre tout nouveau de Priape. »
(Hans catalogue Germaine Richier – Rétrospective, 5 avril–25 juin 1996, Fondation Maeght, Saint-Paul)
L’Homme de la forêt est l’une des œuvres les plus célèbres et caractéristiques de Germaine Richier. De véritables morceaux de bois et d’écorce, ainsi qu’une grande feuille trouvée par l’artiste dans le Valais en Suisse, ont été collés sur l’argile avant la fonte.
Contrairement à Daphné, la nymphe de la mythologie grecque entièrement métamorphosée en laurier, L’Homme de la forêt est à la fois arbre et humain. Une éventuelle métamorphose, dans un sens ou dans l’autre, ne nous est pas révélée. La magie qui émane de cette étrange créature sylvestre, exprimant l’affinité de l’artiste avec les forces non romantiques de la nature, réside dans sa posture presque chorégraphique : pas suspendu, bras arrêtés.
Richier décrivait le mouvement de ses figures, notamment dans L’Homme de la forêt et d’autres œuvres de la même période, ainsi : « Je préfère le suggérer. Ma sculpture doit donner l’impression d’être immobile et en même temps sur le point de bouger. » (cf. site de la Peggy Guggenheim Collection)
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During her forced stay in Switzerland, Germaine Richier walked in Valais.
The woods and the leaf from the hand of the Forest-Man were collected on this occasion. The Forest-Man was probably the first work of the sculptor to benefit from these elements collected in nature. The result was so fruitful that Richier gradually created a grammar of the places she had loved, asking, for example, her brother to send her an olive branch from her native region.
But Richier has nothing to do with "ready-made": her additions are reworked with earth, discovered, remodeled until they integrate perfectly into the whole. Perfectly ? This was the opinion of René de Solier: "The webbed hand of the Forest-Man, this amphibious hand, is like a graft from the reverse: proof of the unexpected evolution of any form, as soon as sculpture takes possession of the space.
"For his part, André Pieyre de Mandiargues literally found fauna in his flora: "Have we sufficiently noticed the sylvan character of her work? The Forest-Man, you remember, extended by a woody arm, accomplice of birds, hesitating between humans and plants? Standing in the middle of a crossroads of high forest under patches of light filtered by the sun, small solar disks, no monument would be found which joins the past to the present better than this brand new simulacrum of Priapus.in Catalogue Germaine Richier - Rétrospective, 5 Avril-25 Juin 1996, Fondation Maeght - Saint-Paul
Forest Man is one of Germaine Richier’s most celebrated and characteristic works. Real pieces of wood and bark, as well as a large leaf found by the artist in the Valais, Switzerland, were collaged onto the clay before casting. Unlike Daphne, the nymph from Classical Greek mythology who was entirely transformed into a laurel tree, Forest Man is half-tree half-human. Whether a metamorphosis will take place, in one direction or another, is not revealed to us. The magic that emanates from this strange sylvan creature, so expressive of the artist’s affinity with the unromantic forces of nature, is its balletic pose—the halting step and the suspended arms. Richier described movement in her figures, with regard to Forest Man and other works of the period, as follows: “I would rather suggest it. My sculpture should give the impression of being still and at the same time about to move”
(cf.Peggy Guggenheim website)
Provenance
- Galerie Beaubourg, Paris
- Collection privée (Marin Karmitz), Paris
Exhibitions
- London, Anglo French Art Center, Sculptures of Germaine Richier, Engravings Studio of Studio of Roger Lacourière, 8 - 30 September 1947 (plaster)
- Bern, Kunsthalle, Sculpteurs contemporains de l'école de Paris, 14 February - 29 March 1948 (plaster)
- Amsterdam, Stedelijk Museum, 13 sculptors in Paris, 26 November 1948 - 1 February 1949 (plaster)
- Basel, Kunsthalle, Arp, Germaine Richier, Laurens, 1948 (plaster)
- Antibes, Musée Picasso, Germaine Richier, 17 July - 30 September 1959 (other edition number)
- Le Havre, Musée Maison de la Culture, Sculpture contemporaine, 6 May - 17 June 1962 (other edition number)
- Zürich, Kunsthaus, Germaine Richier, 12 June - 21 July 1963 (other edition number)
- Arles, Musée Réattu, Germaine Richier, 7 July - 30 September 1964, (other edition number)
- Annecy, Château des Ducs de Nemours, Germaine Richier, 1967 (other edition number)
- Paris, Musée Rodin, Formes Humaines, 2 May - 3 June 1968 (other edition number)
- Paris, Grand Palais, Jean Paulhan à travers ses peintres, 1 February - 15 April 1974 (other edition number)
- Humlebaek, Louisiana Museum of Modern Art, Germaine Richier, 13 August - 25 September 1988 (other edition number)
- London, Tate Gallery, Paris Post War: Art and Existentialism, 1945-1955, 9 June - 5 September 1993 (other edition number)
- Paris, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Passions privées, 20 December 1995 - 24 March 1996 (this specific edition number)
- Saint Paul de Vence, Fondation Maeght, Germaine Richier, 5 April - 25 June 1996 (other edition number)
- Lausanne, Musée des Beaux Arts, De Vallotton à Dubuffet, 20 December 1996 - 23 February 1997 (other edition number)
- Berlin, Akademie der Künste, Germaine Richier, 7 September - 2 November 1997 (other edition number)
- New-York, Jan Krugier Gallery, TRACE: Primitive and Modern Expressions, 9 November 2001- 19 January 2002 (other edition number)
- Valencia, Ivam, El Fuego bajo las cenizas (de Picasso a Basquiat), 5 May - 28 August 2005 (other edition number)
- Paris, Fondation Dina Vierny - Musée Maillol, Le Feu sous les Cendres, de Picasso à Basquiat, 8 October 2005 - 13 February 2006 (other edition number)
- Venice, Peggy Guggenheim Collection, Germaine Richier, 2 October 2006 - 5 February 2007 (other edition number)
- Bern, Kunstmuseum, Mannheim Kunsthalle, Germaine Richier, 25 November 2013 - 24 August 2014 (other edition number)
Catalogues
This specific edition :
Cimaise, n°138-139, "Germaine Richier", Texte de : Bernard Lamarche-Vadel, Galerie Beaubourg, oct.-déc. 1978,p.13
Passions privées, Collections particulières d'art moderne et
contemporain en France, Musée D'Art Moderne De La Ville De Paris Paris
Musées, 1995, illustrated p.355
Other editions :
René de Solier, Germaine Richier, Contempt of Court, «Sculptures of Germaine Richier, Engravings studio of Roger Lacourière», 1947 (illustrated) Georges Limbour, La peinture Forêts en bronze, Actions, 1947, Paris (illustrated)Pierre Francastel, La nouvelle sculpture Richier Germaine, Les sculpteurs célèbres, Editions d'Art Lucien Mazenod, Paris, 1954 (illustrated)André Pieyre de Mandiargues, in catalogue de l'exposition, Germaine Richier, The Hanover Gallery, 1955, London (illustrated)Bernard Milleret, Envoûtement de Germaine Richier, Les nouvelles Littéraires, Paris, 1956 (illustrated)Suzanne Tenand, Plaisir de voir, De Germaine Richier à Léonard de Vinci, Tribune des Nations, Paris, 1956 (illustrated)André Pieyre de Mandiargues, Germaine Richier, in Germaine Richier, Editions «Synthèses» Woluwe-Saint- Lambert, Bruxelles, 1959 (illustrated) Michel Seuphor, XV, La sculpture figurative, in La Sculpture de ce siècle, dictionnaire de la sculpture moderne, Editions Griffon, Neuchâtel, 1959 (illustrated)Jean Cassou, Richier, Editions du Temps, Coll «Sculpteurs modernes», Paris, 1961 (illustrated)Germaine Richier (1904-1959), Monographie, Textes de : Germaine Richier - Dor De La Souchère - Jean Cassou - GeorgesLimbour - André Pieyre De Mandiargues, Galerie Creuzevault, 1966, illustrated p.72
Catherine Millet, Germaine Richier, la gran epoca de la escultura, Guadalimar, Madrid, 1978 (illustrated)Brassaï, Germaine Richier, Les Artistes de ma vie, Editions Denoël, Paris, 1982 (illustrated)Gilles Neret, Qu'est-ce que la sculpture moderne ?, in 30 ans d'art moderne, peintres et sculpteurs, Editions Nathan, Paris, 1988 (illustrated)Lain Gale, Inside the bronze menagerie, Germaine Richier's sculptures were half-human, Lain Gale visits the studio of an outsider in post-war Paris, The Independent, London, 1993 (illustrated)Frances Morris, Germaine Richier (1902-1959), in Paris Post War: Art and Existentialism, 1945-1955, Tate Gallery, 1993, London (illustrated)Sarah Wilson, Germaine Richier (1902-1959), in Paris Post War: Art and Existentialism, 1945-1955, Tate Gallery, 1993, London (illustrated)Maurice Fréchuret, L'enfouissement, in L'envolée, l'enfouissement, 1995, Skira and Réunion des Musées Nationaux (illustrated)Carmela Thiele, Germaine Richier, Künstler Kritisches Lexikon der Gegenwartskunst, Verlag Weltkunst
Und Bruckmann, München, 1998, p.5, n°4 (other edition),