Galerie Christophe Gaillard
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Artworks

Open a larger version of the following image in a popup: Pascal Convert, Cristallisation, 2025

Pascal Convert FR, b. 1957

Cristallisation, 2025
Verre optique, charbon de bois
Optical glass, charcoal
90 x 40 x 30 cm
35 3/8 x 15 3/4 x 11 3/4 inches
PaC002
© Pascal Convert, Adagp, Paris
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'C'est proprement une caractéristique du verre, son matériau de prédilection, que de saisir ensemble le corps et l'esprit, de créer une absence tangible, de fasciner par le charme sensible et...
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"C'est proprement une caractéristique du verre, son matériau de prédilection, que de saisir ensemble le corps et l'esprit, de créer une absence tangible, de fasciner par le charme sensible et d'affirmer la destruction, celle qui a eu lieu ou celle qui est toujours possible avec cette fragile matière. Tel est le propos des oeuvres peut-être les plus connues de Pascal Convert, reposant sur ce qu'il appelle la cristallisation : en remplaçant une statue de Christ ou un livre ancien par du verre en fusion, les faire perdurer dans une nouvelle beauté, après les avoir brûlés dans un geste iconoclaste, dans un geste tragique, celui des autodafés, celui qui s'attaque sans cesse aux corps humains. Ainsi le Christ cristallisé (2014) de l'église Saint-Eustache à Paris, ainsi la grande Bibliothèque cristallisée (2016) de Chaumont-sur-Loire."

Entre mémoire, disparition et cristallisation
Avec la Vierge Colonne / Cristallisation (2025), Pascal Convert poursuit une réflexion fondamentale de son œuvre sur la mémoire, la disparition et la capacité de la matière à conserver la trace de ce qui n'est plus.

La sculpture représente une figure féminine debout, dont la silhouette élancée et la verticalité évoquent immédiatement la statuaire religieuse médiévale. Le corps, enveloppé dans un long vêtement aux plis profondément marqués, semble se confondre avec une colonne, tandis que le visage, à peine perceptible, paraît progressivement absorbé par la matière.
Cette fusion entre figure humaine et élément architectural renvoie à la tradition des Vierges-colonnes, ces sculptures associées à l'architecture des édifices religieux, dans lesquelles la figure sacrée participe à la fois à l'ornementation et à la structure symbolique du monument.

Mais là où la sculpture médiévale cherchait à inscrire la présence du sacré dans la permanence de la pierre, Pascal Convert introduit une forme d'instabilité et de disparition. La figure semble en effet prise dans un processus de transformation. Ses contours se brouillent, ses détails s'effacent et sa surface irrégulière évoque aussi bien une sculpture ancienne altérée par les siècles qu'un vestige archéologique récemment exhumé. Le recours au verre optique et au charbon de bois est ici essentiel. Ces deux matériaux entretiennent un dialogue paradoxal : le verre, associé à la transparence, à la lumière et à la conservation, rencontre le charbon, résidu d'une combustion, trace matérielle de ce qui a été détruit.

Cette opposition entre transparence et opacité, permanence et disparition, constitue l'un des ressorts poétiques les plus puissants de l'œuvre.
Le processus de cristallisation apparaît alors comme une forme de suspension du temps. Il ne s'agit pas simplement de reproduire une figure ancienne, mais de lui donner une nouvelle existence matérielle, dans laquelle les marques de l'érosion et de la disparition deviennent constitutives de sa présence. La sculpture semble ainsi appartenir simultanément à plusieurs temporalités : celle de l'art médiéval auquel elle fait référence, celle d'un passé dont elle paraît porter les blessures, et celle du présent dans lequel elle renaît sous une forme nouvelle.

Cette ambiguïté est renforcée par son apparence presque archéologique. La surface grise, traversée de nuances sombres et de traces plus claires, évoque un objet qui aurait traversé les siècles, soumis à l'action du temps, des éléments et de l'histoire. La figure acquiert ainsi une dimension spectrale. Elle est présente physiquement, mais son identité semble se dérober. Le visage s'efface, le corps se confond avec son enveloppe et la sculpture paraît hésiter entre apparition et dissolution. Cette tension entre présence et absence traverse l'ensemble de la démarche de Pascal Convert, dont le travail interroge depuis plusieurs décennies les relations entre image, histoire, mémoire et disparition.

L'œuvre ne relève pourtant pas d'une simple nostalgie du passé. En réinterprétant une figure issue de l'imaginaire religieux médiéval à travers des matériaux et des procédés contemporains, Pascal Convert propose une réflexion plus vaste sur la transmission des formes et leur capacité à survivre aux civilisations qui les ont produites.
Avec Vierge Colonne / Cristallisation, Pascal Convert ne cherche pas tant à restaurer une image du passé qu'à rendre visible le processus même de sa survivance. Entre relique, vestige et apparition, la sculpture donne une forme sensible à cette idée essentielle : ce qui a disparu peut continuer à exister à travers les traces que la matière en conserve.

Vierge colonne du XVIe siècle
Maître verrier Olivier Juteau

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"It is properly a characteristic of glass, his material of choice, to grasp body and spirit together, to create a tangible absence, to fascinate through sensory charm, and to affirm destruction — whether one that has already taken place or one that always remains possible with this fragile matter. Such is the concern of what are perhaps Pascal Convert's best-known works, resting on what he calls crystallization: by replacing a statue of Christ or an antique book with molten glass, he makes them endure in a new beauty, after having burned them in an iconoclastic gesture, a tragic gesture — that of book-burnings, that which ceaselessly assails human bodies. Thus the Crystallized Christ (2014) at the church of Saint-Eustache in Paris, and thus the great Crystallized Library (2016) at Chaumont-sur-Loire."

Between Memory, Disappearance and Crystallisation
With Vierge Colonne / Cristallisation (2025), Pascal Convert continues a fundamental exploration that runs throughout his work: memory, disappearance, and the capacity of matter to preserve the traces of what no longer exists.

The sculpture depicts a standing female figure whose elongated silhouette and verticality immediately evoke medieval religious statuary. The body, draped in a long garment with deeply pronounced folds, seems to merge with a column, while the barely discernible face appears to be gradually absorbed into the material itself. This fusion of the human figure and the architectural element recalls the tradition of column Virgins, sculptures integrated into the architecture of religious buildings, in which the sacred figure contributes both to the ornamentation and to the symbolic structure of the monument.

Yet where medieval sculpture sought to inscribe the presence of the sacred within the permanence of stone, Pascal Convert introduces a sense of instability and disappearance. The figure appears to be caught in a process of transformation. Its contours become blurred, its details fade, and its irregular surface evokes both an ancient sculpture weathered by centuries and an archaeological relic recently unearthed. The use of optical glass and charcoal is essential here. These two materials engage in a paradoxical dialogue: glass, associated with transparency, light and preservation, encounters charcoal, the residue of combustion and the material trace of what has been destroyed.

This opposition between transparency and opacity, permanence and disappearance, constitutes one of the work's most powerful poetic dimensions. The process of crystallisation thus appears as a form of suspended time. Rather than simply reproducing an ancient figure, it gives it a new material existence, in which the marks of erosion and disappearance become integral to its presence. The sculpture therefore seems to inhabit several temporalities simultaneously: that of the medieval art to which it refers, that of a past whose wounds it appears to bear, and that of the present in which it is reborn in a new form.

This ambiguity is reinforced by its almost archaeological appearance. The grey surface, marked by darker shades and lighter traces, evokes an object that has survived the centuries, subjected to the passage of time, the elements and history. The figure thus acquires a spectral dimension. It is physically present, yet its identity seems to elude us. The face fades, the body merges with its outer surface, and the sculpture appears suspended between apparition and dissolution.

This tension between presence and absence runs throughout Pascal Convert's artistic practice, which for several decades has explored the relationships between image, history, memory and disappearance.
Yet the work is far from being a mere expression of nostalgia for the past. By reinterpreting a figure drawn from the medieval religious imagination through contemporary materials and processes, Pascal Convert offers a broader reflection on the transmission of forms and their capacity to outlive the civilisations that produced them.

With Vierge Colonne / Cristallisation, Pascal Convert seeks not so much to restore an image of the past as to make visible the very process of its survival. Somewhere between relic, vestige and apparition, the sculpture gives tangible form to an essential idea: what has disappeared can continue to exist through the traces preserved within matter.

16th-century column Virgin
Master glassmaker Olivier Juteau
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Provenance

Atelier de l'artiste
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