« Je prends le temps. J’aime l’idée qu’on peut encore passer du temps. » (P-Y B)
Au temps de l’élaboration de l'œuvre par l’artiste dont les techniques réclament beaucoup de minutie répond celui de l’exploration par le public d’œuvres foisonnantes d’images et de détails.
La sensibilité de Pierre-Yves BOHM et son exigence intérieure de liberté le guident sur son chemin singulier, à l’écart des courants artistiques, mais pas des convulsions du monde.
Les titres de ses œuvres en témoignent : Volka Krigo, Nuage de guerre, La Chute militaire, La folie du père, Amour et la guerre, Leurre Tueur II…
En écho à la violence du monde, sa peinture se fait sombre. Des couleurs parfois chatoyantes dessinent sur la toile comme des impacts de shrapnel. Ses verts « ce n’est pas la chlorophylle » …« sous l’influence de la peinture ancienne, pour parler de la maladie et de la mort, le vert… avant la chair morte. » (P-Y.B).
L’actualité s’invite dans ses toiles : Volka Krigo évoque la guerre en Ukraine. Une pluie grise et dense d’extraits de journaux s’abat sur un sol jonché de squelettes.
Cette exposition donne une large place à des œuvres récentes, « un ensemble de puissante unité, une séquence presque entièrement en noir et blanc ou en grisaille » (J-P.L)
« Je ne veux pas cultiver la souffrance mais je suis plus près des gens qui souffrent, qui ont de la difficulté. »
Les différentes scènes de conflit dans le monde sont présentes dans La Chute, mais aussi les problèmes climatiques et migratoires, toujours du côté des civils et de ceux qui souffrent. C'est un flux continu de mots liés les uns aux autres qui les évoque et les unit dans ce mouvement inexorable de chute d’un corps désarticulé.
Il choisit l’engagement refusant la victimisation et place son attente dans l’humanisme : "Je crois en l’homme. Je peux parler de choses graves mais, avec la peinture, il y a toujours lumière et espoir. "
« Même s’il y a violence, mon travail va peut-être apaiser, filtrer cette violence. »
Quand on lit sur le cartel d’une œuvre « technique mixte », on est loin d’imaginer la variété et la richesse de ces ajouts qui animent ses toiles : « amulettes, breloques, pendentifs, perles, poches, pointes, piques de métal, vignettes, fragments de tissus ou de miroirs, morceaux de bois, céramiques, fragments d’écrits… »(J-P.L)