Le Musée d’arts de Nantes consacre sa grande exposition 2025 à la représentation, la sensibilité et l’imaginaire de la pluie qui émergent à la fin du 18e siècle. Sujet littéraire, objet d’études scientifiques, apprivoisée par les citadins dans des villes modernisées, la pluie devient un motif pour les peintres, les photographes, les cinéastes jusqu’aux artistes contemporains.
Elle tombe sans prévenir, efface les contours, fait vibrer la lumière, transforme le paysage… La pluie dérange autant qu’elle rassure, agace autant qu’elle émerveille. Le Musée d’arts de Nantes lui consacre sa grande exposition 2025, explorant ce lien intime et sensible que nous entretenons avec elle et qui a fasciné les artistes de la fin du 19e siècle aux années 1930.
Motif insaisissable, la pluie est un défi pour l’artiste. Comment représenter cet élément translucide et incolore qui voile le paysage et obscurcit l’horizon ? Attentifs à ses multiples variations, les peintres de plein air puis les impressionnistes sortent de leurs ateliers, allant au-devant d’une expérience tant sensible que physique. Témoins de la métamorphose des villes, ils dressent aussi le portrait d’une société urbaine qui arpente, sous la pluie, les rues et les grands boulevards. Ici, l’enjeu est moins de représenter la pluie que de suggérer l’effervescence de la ville moderne autour du parapluie, objet iconique d’une nouvelle culture populaire.
Entre histoire de l’art et histoire sociale, l’exposition évoque également l’avancée de la science météorologique, déterminante pour appréhender notre approche contemporaine au temps qu’il fait. Privilégiant une approche sensorielle, elle présente plus de 150 œuvres et mêle peinture, photographie, littérature, fragments sonores et extraits cinématographiques.
Peindre sous la pluie
En mettant au défi les moyens de la peinture, la pluie participe de l’émergence d’un questionnement artistique sur la transcription des sensations et des effets optiques qui se prolonge jusqu’à l’impressionnisme et au-delà. De sublimes dépressions (de Gustave Courbet à Tal Coat) en atmosphères vaporeuses (William Turner, Martin Johnson Heade, Angelo Morbelli), sa représentation s’affranchit de tout récit, oscillant entre le flou, le trait et le point (Claude Monet, Paul Sérusier), nourrie de la proposition graphique des estampes japonaises, ces « images du monde flottant » collectionnées par de nombreux artistes (Hiroshige, Toyokoni II, Hokusaï).
L’exposition Sous la pluie, peindre, vivre et rêver est coproduite avec le Musée des Beaux-arts de Rouen qui la présentera au printemps 2026.
