Amandine Guruceaga FR, b. 1989, Marseille (FR)
My heart, Your Tongue (Empathy), 2023
Tissu teint, cuivre brûlé et gravé, base en acier
Dyed fabric, burnt and engraved copper,
steel base
Dyed fabric, burnt and engraved copper,
steel base
150 x 70 x 30 cm
59 x 27 1/2 x 11 3/4 inches
59 x 27 1/2 x 11 3/4 inches
AGU002
Copyright The Artist
Amandine Guruceaga déploie des potentialités matérielles et plastiques qui nourrissent sa recherche aussi formelle que picturale. Les altérations métamorphosent la matière qui adopte une signification nouvelle. Dans son atelier, véritable...
Amandine Guruceaga déploie des potentialités matérielles et plastiques qui nourrissent sa
recherche aussi formelle que picturale. Les altérations métamorphosent la matière qui adopte
une signification nouvelle. Dans son atelier, véritable laboratoire alchimique, elle transcende les
territoires qu’il n’est plus nécessaire de penser séparément. Dans une perspective de soin et d’al-
liance, elle réconcilie peinture, sculpture, art et artisanat. Aux binarités sclérosantes, elle préfère
une écriture plastique fluide et réparatrice. La série Healing Surfaces manifeste cette ambition.
Pensées comme des collages de matériaux et de couleurs, les œuvres conjuguent acier, textile et
laiton (…), composant un alphabet personnel fait de croix, de carrés, de morphologies liquides,
de lignes ondulantes et entrelacées, de formes rhizomiques, musculaires, osseuses, minérales et
architecturales.
Animée par un besoin de polychromie, Amandine Guruceaga est en quête d’aberrations
chromatiques. Les couleurs résultent de teintures inspirées du tie and dye. Comme le travail au
chalumeau, elles confèrent aux œuvres une dimension irisante et psychédélique (…) L’artiste
fabrique des rencontres entre le feu et les fluides, entre le métal et le textile, entre le mou et la
rigidité, entre l’organique et le chimique. Par la brûlure et l’imprégnation, les couleurs, à la fois
douces et souterraines, proviennent de l’intérieur des matériaux. Elle articule ainsi des para-
doxes où les altérations participent de révélations chromatiques, formelles, métaphoriques et
mystiques.
Les formes convoquées sont souvent liées aux corps humains, animaux, végétaux, mais aussi
aux corps liquides (…) Motivée par la promesse de mutations infinies, l’artiste active circula-
tions, translations et transformations pour multiplier les potentialités gestuelles et formelles. La
sculpture, hybridant tissu, cuivre et mousse de polyuréthane, semble ainsi s’extirper des œuvres
murales pour s’installer dans l’espace.
La surface est une peau, matière fragile qui sépare l’intérieur de l’extérieur. Elle est aussi un
portail, une fenêtre à travers laquelle d’autres existences semblent apparaître. Amandine Gu-
ruceaga se joue des mouvements entre le dedans et le dehors (…) fascinée par l’empreinte des
cages thoraciques dans le cuir d’agneau, elle y reconnaît une matière à mémoire de forme. Du
fragment de squelette à la scarification, elle explore le visible et l’invisible. Tout est ici question
d’effacements et de révélations, de persistance et de résistance. Ces traces indiquent ce qui
existe sous la peau-surface : une violence systémique dont l’artiste cherche à se défaire par la
cautérisation, la suture et le pansement. Une lutte qui trouve une forme de guérison au moyen
d’une magie aussi personnelle que flamboyante.
Julie Crenn
recherche aussi formelle que picturale. Les altérations métamorphosent la matière qui adopte
une signification nouvelle. Dans son atelier, véritable laboratoire alchimique, elle transcende les
territoires qu’il n’est plus nécessaire de penser séparément. Dans une perspective de soin et d’al-
liance, elle réconcilie peinture, sculpture, art et artisanat. Aux binarités sclérosantes, elle préfère
une écriture plastique fluide et réparatrice. La série Healing Surfaces manifeste cette ambition.
Pensées comme des collages de matériaux et de couleurs, les œuvres conjuguent acier, textile et
laiton (…), composant un alphabet personnel fait de croix, de carrés, de morphologies liquides,
de lignes ondulantes et entrelacées, de formes rhizomiques, musculaires, osseuses, minérales et
architecturales.
Animée par un besoin de polychromie, Amandine Guruceaga est en quête d’aberrations
chromatiques. Les couleurs résultent de teintures inspirées du tie and dye. Comme le travail au
chalumeau, elles confèrent aux œuvres une dimension irisante et psychédélique (…) L’artiste
fabrique des rencontres entre le feu et les fluides, entre le métal et le textile, entre le mou et la
rigidité, entre l’organique et le chimique. Par la brûlure et l’imprégnation, les couleurs, à la fois
douces et souterraines, proviennent de l’intérieur des matériaux. Elle articule ainsi des para-
doxes où les altérations participent de révélations chromatiques, formelles, métaphoriques et
mystiques.
Les formes convoquées sont souvent liées aux corps humains, animaux, végétaux, mais aussi
aux corps liquides (…) Motivée par la promesse de mutations infinies, l’artiste active circula-
tions, translations et transformations pour multiplier les potentialités gestuelles et formelles. La
sculpture, hybridant tissu, cuivre et mousse de polyuréthane, semble ainsi s’extirper des œuvres
murales pour s’installer dans l’espace.
La surface est une peau, matière fragile qui sépare l’intérieur de l’extérieur. Elle est aussi un
portail, une fenêtre à travers laquelle d’autres existences semblent apparaître. Amandine Gu-
ruceaga se joue des mouvements entre le dedans et le dehors (…) fascinée par l’empreinte des
cages thoraciques dans le cuir d’agneau, elle y reconnaît une matière à mémoire de forme. Du
fragment de squelette à la scarification, elle explore le visible et l’invisible. Tout est ici question
d’effacements et de révélations, de persistance et de résistance. Ces traces indiquent ce qui
existe sous la peau-surface : une violence systémique dont l’artiste cherche à se défaire par la
cautérisation, la suture et le pansement. Une lutte qui trouve une forme de guérison au moyen
d’une magie aussi personnelle que flamboyante.
Julie Crenn