L'exposition présente à la fois des tirages numériques réalisés à Séoul et des tirages anciens des artistes. Cette juxtaposition révèle la photographie non seulement comme une image, mais aussi comme un médium existant en tant qu'objet matériel. Les procédés photographiques traditionnels – tels que l'héliographie, le daguerréotype, le cyanotype et le tirage argentique – continuent d'être explorés par les artistes contemporains, soulignant la dimension tactile de la photographie où convergent les traces de lumière, de chimie et de matière. Certaines œuvres sont présentées comme des pièces uniques, non éditées, soulignant la possibilité pour la photographie d'exister en tant qu'œuvre d'art singulière. Parallèlement, le développement des technologies numériques et la génération d'images par intelligence artificielle introduisent une autre évolution dans la photographie, suggérant que ce médium peut aujourd'hui être perçu comme un lieu de coexistence entre matérialité traditionnelle et conditions technologiques contemporaines.
L'exposition réunit 53 artistes, dont trois Coréens. À travers des perspectives et des approches diverses, leurs œuvres explorent les dimensions temporelles et quotidiennes de la ville, ouvrant un espace où coexistent de multiples interprétations d'un même environnement urbain. Au-delà des images familières, les visiteurs découvrent un autre Paris – une ville où mémoire et expérience s’entrecroisent, un Paris « invisible ».
L’exposition invite également à reconsidérer Séoul à travers le regard différent que porte Paris sur elle. Façonnée par une croissance rapide, l’expansion urbaine et le clivage centre-périphérie, Séoul partage des caractéristiques structurelles avec le « Grand Paris », les deux villes se reflétant l’une l’autre comme des miroirs. En ce sens, l’exposition ne se limite pas à Paris, mais offre aussi une autre perspective sur Séoul. Les visiteurs sont invités non seulement à observer une ville, mais aussi à explorer leur propre regard à travers un espace où convergent de multiples points de vue.
Cette exposition a été conçue en collaboration avec Alain Sayag, ancien directeur du département de photographie du Centre Pompidou. Il est reconnu pour avoir transformé la photographie, d’un médium documentaire, en un langage central de l’art contemporain. En repensant les modes de collecte et d’exposition des photographies, il a fondamentalement redéfini les conditions d’existence de la photographie en tant que forme d’art.
Commissariat
Alain Sayag, ancien directeur du département de photographie du Centre Pompidou
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