Au seuil de l’exposition, le regard appelle la main. Les visiteurs sont accueillis par une myriade de couleurs éclatantes et de textures qui incitent immédiatement au toucher. Mais attention ! Ces œuvres jouent avec nos perceptions et avec l’illusion que peut procurer la matière. Ainsi Daniel Pommereulle, Éric Baudart, Letha Wilson ou encore Dave Hardy manipulent les matériaux et les formes pour nous surprendre et réveiller nos sens.
Dans la suite du parcours, la matière se fait plus organique et le propos des oeuvres nous incite davantage à l’introspection. Rachel de Joode et Thibault Hazelzet travaillent notre rapport à la figure et au corps. Leurs sculptures suscitent autant la fascination que l’angoisse. Quant à Anita Molinero, ses recherches mettent à nu l’essence-même de la matière, transformant le dégoût en beauté ... et vice-versa.
Au premier étage, avec Long Walk to Freedom (2025), Kendell Geers offre un passage entre le tangible et l’intangible, et crée un pont, d’un champ à l’autre. Inspirée des Stations of the Cross de Barnett Newman, l’oeuvre fait écho à la Passion de Jésus, invitant le spectateur à réfléchir aux souffrances des Hommes autant qu’à la réalité du monde contemporain.
L’exposition sonde ici les domaines de l’intangible et de l’imaginaire. À mi-parcours, les photographies d’Isabelle Le Minh ouvrent des fenêtres vers une autre dimension. Les images nous transportent dans un espace éthéré, immatériel. L’œil s’évade, les frontières du réel semblent s’effacer. Puis le travail photographique de SMITH capture l’éphémère et cherche à donner à voir l’invisible tandis que les ombres et les fantômes d’Hélène Delprat semblent vouloir s’aventurer hors de leurs cadres ...
L’exposition se poursuit avec les œuvres de Nancy Brook Brody, dont les créations géométriques et fragiles font de l’abstraction une pensée de l’invisible. Mises en dialogue avec la grande Cosmogonie solaire de Georges Noël, ces oeuvres nous engagent à la contemplation spirituelle et métaphysique, effaçant les limites de l’espace et du temps.
Pour clore cette exploration, Edith Dekyndt nous offre un instant suspendu et onirique. Ce dernier moment de l’exposition interroge à nouveau le spectateur : Comment donner à voir et à sentir ce qui nous échappe ?